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mardi 7 juin 2011

Quiconque nourrit un homme est son maître

Et oui, je poursuis la série "la Petite Collection" des "Éditions du Sonneur"... Mais que voulez-vous que je vous dise, leur choix de textes est excellent et les livres, en soi, sont beaux et pas chers!

Je parlerai donc cette fois de ce tout petit opus de Jack London, "Quiconque nourrit un homme est son maître". Avouez que rien que le titre donne envie de savoir ce qu'il y a dedans!!



Pour les lecteurs d'aujourd'hui, Jack London c'est bien sûr "L'appel de la forêt" et "Croc-Blanc", mais en réalité London était aussi un sacré polémiste.

Il nous parle ici de cet étrange personnage qu'est "le candidat-artiste à la littérature au ventre qui réclame et à la bourse vide". Celui-là même qui, au sein d'une société où l'édition est régie par le besoin de profit et de rentabilité, se trouve confronté à l'insoutenable dilemme: écrire pour la postérité ou la prospérité?
Comment rester fidèle à son art et à ses convictions le ventre creux?

Critique d'un système éditorial autant que de la société capitalise globale, ce texte, écrit voilà près d'un siècle, est incroyablement criant de modernité! Croyez moi, c'est une véritable claque! 

Personnellement je l'ai lu dans la foulée de deux autres ouvrages concernant l'édition et le monde du livre en général, parus aux éditions La fabrique : "l'argent et les mots" d'André Schiffrin (2010) et "Le livre : que faire" (entretiens avec R. Alberto, F. Combes, J. Faucilhon, E. Hazan, H. Korb, F. Salbans, A. Schiffrin et J. Vidal, 2008).


(Ces deux livres méritent bien un article chacun mais ça devra malheureusement attendre que j'aie plus de temps, mais aussi que j'aie fini de "digéré" la masse d'informations qu'ils recèlent! D'ici là, pour ceux qui voudraient en apprendre davantage voici le lien vers le catalogue des éditions La fabrique http://www.lafabrique.fr/catalogue.php . Je les conseille vivement à tout qui s'intéresse au petit monde de l'édition et aux bouleversement qu'il subit depuis quelques années.)


Pour en revenir à London, cet opuscule est un véritable bijou de sagacité et de rhétorique, caustique à souhait!
Les amateurs de polémique y trouveront leur compte....et les autres aussi! Je n'en dirai pas d'avantage!

Pour ceux qui veulent en découvrir un extrait :   http://www.editionsdusonneur.com/produit.php?ref=London-Quiconque&id_rubrique=3

À bon entendeur...

Céline.

lundi 23 mai 2011

Cahier pour Aline






Oui, effectivement, je suis en pleine phase Éditions du Sonneur... mais est-ce ma faute si leur catalogue est génial et si, après avoir lu les extraits disponibles sur leur site, j'ai envie de quasi tout dévorer??
Ce recueil de "méditations" que Gauguin dédie à sa fille est une véritable perle! Il ne s'agit pas d'un texte continu mais bien d'un recueil de pensées, philosophiques ou autres, parfois d'une incroyable actualité. Un exemple valant mieux qu'un long discours, voici :
"La femme veut être libre. C'est son droit. Et assurément, ce n'est pas l'homme qui l'en empêche. Le jour où son honneur ne sera plus placé au-dessous du nombril, elle sera libre. Et peut-être aussi mieux portante."

"Que de gens se croient des esprits forts en prétendant que peut-être deux et deux ne font pas quatre"
" La noblesse était héréditaire et on a eu son 93 pour abolir cet usage. La fortune aujourd'hui est héréditaire, n'est-ce pas le même privilège?"

Rien à ajouter si  ce n'est : Lisez-le!

Pour voir un extrait ou avoir d'autres infos:  http://www.editionsdusonneur.com 

Céline.

vendredi 20 mai 2011

Le vice de la lecture

Réédité par les éditions du Sonneur en 2009, ce texte jusqu'alors oublié d'Édith Wharton est un véritable bijoux! Elle y analyse, décortique et démonte ce que, personnellement, je qualifierais de mal du siècle : l'obligation sociale de la lecture. Ou plutôt, elle démontre de quelle manière le lecteur qu'elle qualifie de "mécanique", celui qui lit pour pouvoir tenir une conversation mais reste obsédé par son marque page, peut être nuisible à la littérature. Le texte est bref, parfois ardu, mais délicieusement acerbe.
Il devrait, selon moi, figurer au programme de toutes les sections littéraires, en particulier pour les futurs professeurs de français. Les libraires (j'en ai été l'ombre d'une à une époque) y trouveront aussi matière à réflexion.



Au passage, un petit mot sur les Éditions du Sonneur. Cette maison d'édition indépendante s'est donné pour objectif de publier des textes inédits, oubliés ou méconnus, mais attention pas n'importe comment! Leur idée est d'en publier peu mais d'accompagner les livres suffisamment longtemps pour qu'ils trouvent leur public. On est bien loin des politiques de rentabilité absolue des grandes firmes et c'est une démarche qui mérite vraiment d'être saluée et soutenue! Je souhaite une très très longue vie à cette maison d'édition et à toutes les initiatives du genre qui font en sorte que le livre ne soit pas un produit comme un autre, qu'on consomme comme une boite de petits pois et carottes.

Pour le site des Éditions du Sonneur c'est par ici : http://www.editionsdusonneur.com

Céline.